Essai sur la nature du commerce en general par Richard Cantillon

Essai sur la nature du commerce en general

Titre de livre: Essai sur la nature du commerce en general

Auteur: Richard Cantillon


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Richard Cantillon avec Essai sur la nature du commerce en general

Cette oeuvre est un essai sur la nature du commerce

Extrait du livre:

La Terre est la source ou la matiere d’où l’on tire la Richesse ; le travail de l’Homme est la forme qui la produit : & la Richesse en elle-même, n’est autre chose que la nourriture, les commodités & les agrémens de la vie. La Terre produit de l’herbe, des racines, des grains, du lin, du coton, du chanvre, des arbrisseaux & bois de plusieurs especes, avec des fruits, des écorces & feuillages de diverses sortes, comme celles des Meuriers pour les Vers à soie ; elle produit des Mines & Minéraux. Le travail de l’Homme donne la forme de richesse à tout cela.

Les Rivieres & les Mers fournissent des Poissons, pour la nourriture de l’Homme, & plusieurs autres choses pour l’agrément. Mais ces Mers & ces Rivieres appartiennent aux Terres adjacentes, ou sont communes ; & le travail de l’Homme en tire le Poisson, & autres avantages.De quelque maniere que se forme une Société d’Hommes, la proprieté des Terres qu’ils habitent, appartiendra nécessairement à un petit nombre d’entr’eux. Dans les Sociétés errantes, comme les Hardes des Tartares & les Camps des Indiens qui vont d’un lieu à un autre avec leurs Bestiaux & Familles, il faut que le Capitaine ou le Roi qui les conduit, regle les limites de chaque Chef de Famille, & les Quartiers d’un chacun autour du Camp. Autrement il y auroit toujours des contestations pour les Quartiers ou commodités, les bois, les herbes, l’eau, &c. mais lorsqu’on aura réglé les Quartiers & les limites d’un chacun, cela vaudra autant qu’une propriété pour le tems qu’ils y séjournent.

Dans les Sociétés plus régulieres : Si un Prince à la tête d’une Armée, a conquis un Païs, il distribuera les Terres à ses Officiers ou Favoris, suivant leur mérite, ou son bon plaisir (cas où est originairement la France) ; il établira des loix pour en conserver la propriété à eux & à leurs Descendans : ou bien il se réservera la propriété des Terres, & emploiera ses Officiers ou Favoris, au soin de les faire valoir ; ou les leur cédera à condition d’en païer tous les ans un certain cens, ou redevance ; ou il leur cédera en se réservant la liberté de les taxer tous les ans suivant ses besoins & leurs facultés. Dans tous ces cas, ces Officiers ou Favoris, soit qu’ils soient Propriétaires absolus, soit dépendans, soit qu’ils soient Intendans ou Inspecteurs du produit des Terres, ils ne feront qu’un petit nombre par rapport à tous les Habitans.